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OcéaneRoseMarie, la lesbienne enfin visible.

©Adeline Ferrante
©Adeline Ferrante

La lesbienne invisible, c’est le nom du dernier spectacle d’OcéaneRoseMarie qui s’achèvera le 16 décembre à l’Alhambra de Paris. De la chanson à l’humour en passant par la mise en scène, la jeune femme est un peu touche-à-tout. Homosexuelle assumée, elle n’a qu’une envie, rassembler les gens.

YouHumour : Peux tu nous parler de ton parcours pour nos lecteurs qui ne te connaitraient pas ?

OcéaneRoseMarie : J’ai commencé par la musique sous le nom de Oshen, sorti trois albums, et fait un paquet de concerts de 2005 à 2008. J’ai ensuite écrit « La Lesbienne Invisible » sous le nom d’Océanerosemarie (je sais, on dirait que j’ai un problème de personnalités multiples mais en fait non puisque Océane Rose et Marie ce sont mes trois vrais prénoms !) que j’ai joué de 2009 à ce jour, qui raconte l’histoire d’une lesbienne féminine dont personne ne croit à l’homosexualité. J’ai sorti en octobre la BD éponyme, dessinée par Sandrine Revel, adaptée du spectacle, et le DVD du spectacle tourné à la Cigale sort le 3 décembre !

YH : Ta tournée a duré plus de 4 ans, c’est beaucoup, comment ça a été ?

ORM : La tournée a duré 4 ans et demi avec plus de 550 dates. Ca a été assez magique parce que les salles étaient toujours pleines, avec un public très réceptif. J’ai du coup pu réécrire des choses, peaufiner, améliorer le spectacle au fil du temps, temps qui est nécessaire pour l’aboutissement d’un One. Il faut tester les choses avec le public, la lassitude qui s’installe (ou pas) au fil des mois sur certains sketchs. J’ai toujours pris beaucoup de plaisir à jouer même si à certaines périodes j’étais vraiment fatiguée, comme au festival d’Avignon en 2012… « #PlusJamaisCa ! »

YH : Quels sont tes projets dorénavant ?

©DR

ORM : Réaliser et jouer dans mon long métrage pour le cinéma (dont je viens de finir l’écriture avec Cyprien Vial) qui est un peu la suite du spectacle, jouer mon nouveau spectacle « Femmes de pouvoir, pouvoirs de femmes » qui mélange des chansons et des textes d’auteures femmes qui me tiennent à cœur, collaborer à d’autres projets de cinéma, de théâtre et de télévision soit en tant que comédienne soit en tant qu’auteure. Et continuer mes chroniques sur France Inter évidemment ! On prépare aussi la suite de la BD qui sera inspirée du scénario du film.

YH : Tu es humoriste, chanteuse et chroniqueuse, metteuse en scène et auteure. tu aimes être multi facette ou tu as simplement du mal à te décider ? 

ORM : Tout est complémentaire pour moi, faire tout ça est une évidence. On est rarement « que » chroniqueur d’ailleurs, et avoir été mise en scène pendant des années m’a donné des outils de travail que j’ai envie de transmettre. J’aime écrire ce que je vais jouer, et la musique est la dimension poétique et plus abstraite qui manque parfois au théâtre pur. Il y a donc une cohérence dans toutes ces activités, ce sont les pièces de mon puzzle 12 pièces pour enfant retardé !

YH : Tu ne parles presque que d’homosexualité, pourquoi ?

ORM : Parce que c’est un sujet qui a beaucoup été mal traité (et maltraité !) ! J’en avais marre de ne voir dans la fiction que des lesbiennes psychopathes qui découpent leur meilleure amie et la mettent dans le friseur, ou des Josiane Balasko qui fume le cigare (je n’ai jamais aimé l’odeur du cigare et les pantalons de tailleurs larges donc imagine ma tête quand j’ai vu Gazon Maudit, certains se sont suicidés pour moins que ça !) j’avais donc envie de faire un genre de « tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les lesbiennes sans avoir jamais osé le demander » pour les hétéros, et un spectacle positif et joyeux pour les jeunes lesbiennes en manque de modèles positifs ! Cependant je ne parle pas de ce sujet dans mes chroniques sur Inter et mon nouveau spectacle parle des femmes d’une manière globale et n’aborde pas le sujet de l’homosexualité.

YH : Tu  penses que ça aurait pu marcher « l’hétéro invisible » ? 

ORM : Guillaume Gallienne vient de battre les records de fréquentation pour le cinéma français en première semaine, donc je dirais que oui, ça marche plutôt très bien d’être 1.un homme 2.blanc 3.hétérosexuel 4. Riche 5. Qui a fait la comédie française 6.Qui a échappé de justesse à l’homosexualité ouh ouh on a eu chaud aux fesses qu’est-ce que j’ai eu peur Maman ils étaient si méchants et si angoissants les pédés dans la boîte de nuit ! Tu me suis ?

YH : Est-ce que ton public est ciblé ou homosexuels et hétérosexuels se côtoient ? Ne penses tu pas être catalogué comme artiste communautaire ? 

ORM : Au début, grâce et à cause du titre du spectacle, le public était 100% lesbien. Puis ça s’est élargi, les filles hétéros curieuses sont d’abord venues, ensuite elles ont emmené leurs petits copains (parfois de force j’avoue, mais ils ont quand même rigolé !), et les gays sont venus aussi. A la fin de ma longue série au théâtre du gymnase c’était vraiment un public varié, ce qui était très important pour moi car je voulais vraiment que le spectacle ne soit pas « segmentant » ou excluant, mais rassembleur !

YH : Quels sont tes meilleurs souvenirs sur scène ?

ORM : Ma première standing ovation, la fois où Amanda Lear était dans la salle et que je l’ai reconnue grâce à son rire de baryton, le jour où on a tourné le DVD à la Cigale et (je flippais tellement ma race mon pauvre, et finalement c’était magiiiiique) le fou rire que j’ai eu sur scène la semaine dernière avec le public à Toulouse alors qu’après 550 dates, tu crois plus vraiment que tu peux encore avoir un fou rire… Et j’en passe.

YH : As tu des inspirations, des modèles ? Quelles sont tes références ?

ORM : Voir le spectacle de Julie Ferrier (« C’est Ferrier ! ») a été un véritable déclencheur. J’ai compris grâce à elle qu’on pouvait faire quelque chose de léger, accessible et populaire, tout en abordant des problématiques métaphysiques, profondes, comme ça l’air de rien. Le fait aussi que Jamel Debbouze puisse faire rire à la fois mon grand père semi-facho et des jeunes du 9-3 m’a aussi donné la foi : rien ne fédère comme l’humour et il y a toujours un moyen de faire passer des messages derrière une vanne.

YH : Ton one woman show, est-ce avant tout un spectacle militant, une technique de drague, ou juste un divertissement ?

ORM : Les trois mon général ! Enfin surtout une parole militante bien enrobée dans un spectacle divertissant ! C’est de la « séduction militante ». Charmer le public avec l’humour et l’émotion et atténuer ses préjugés  tout en douceur… Pour la 2e proposition, je dirais que ce qui me touche le plus c’est quand les filles me remercient d’avoir osé dire tout ça, ou que ça les a aidé à s’assumer. Une fois, une fille m’a dit que c’était sa psychanalyste qui l’avait envoyé voir mon spectacle et que depuis qu’elle l’avait vu elle arrivait à dire « je suis lesbienne » sans rougir ou trembler. D’ailleurs elle m’a dit que depuis elle avait arrêté son analyse donc maintenant je crains que les psys ne m’envoient plus leurs patientes parce que je casse leur business ! Ca ne m’arrange pas trop de me faire draguer parce que ma femme est très jalouse donc je me fais toujours engueuler. Alors que bon on est d’accord que c’est pas de ma faute si ça arrive, right ?…

Retrouvez OcéaneRoseMarie le 16 décembre à 20h30 à l’Alhambra de Paris.
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